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"MANESSIER ET LE MYSTÈRE PASCAL"
Du 14 mars au 13 avril 2008

Lithographie - Tapisserie
Alfred Manessier


Dans le cadre du Jubilé de la paroisse Notre-Dame des Champs, est présentée dans l’église, du 14 mars au 13 avril, une série de lithographies sur le thème de Pâques, d’Alfred Manessier. Si nous présentons ce travail à Notre-Dame des Champs, ce n’est évidemment pas le fait du hasard puisque sous l’impulsion de son ami Bernard Dorival, alors paroissien et conservateur du Musée d’art moderne, la paroisse acquiert en 1976 une tapisserie de l’artiste tissée par le lissier Jean-Marie Lancelot. Très touché par cette acquisition, Alfred Manessier offre à la paroisse quatre lithographies abstraites sur le thème de la « Passion » et celui de l’ « Alléluia » qui forment à l’oratoire un patrimoine tout à fait homogène et cohérent.
Dans ce prolongement et afin de mieux connaître Alfred Manessier, nous présentons le travail tout à fait remarquable de l’artiste qui reprend ce même thème de la Passion et de la Résurrection du Christ en 1978 dans une série de quinze lithographies abstraites aux couleurs flamboyantes et profondes.
En 1943, Manessier accompagne l’écrivain Camille Bourniquel au monastère de Soligny la Trappe pour une retraite. Au cours du séjour, une profonde transformation spirituelle s’accomplit en lui, et il est pénétré par une foi qui ne le quittera plus jamais. Son œuvre s’en trouva profondément marquée tant sur le plan thématique que stylistique.
Les œuvres ici présentées, derrière l’autel, témoignent donc d’une foi profonde, d’une recherche assidue du peintre dans sa quête qui accompagnera toute son existence et qui inscrit, sans pareille mesure, l’œuvre de cet artiste majeur dans l’histoire de l’Art de la seconde partie du 20ème siècle.
L’œuvre de Manessier est couronnée de nombreux prix internationaux. Son œuvre peinte est présente dans les collections nationales et internationales.
On l’aura compris, cette exposition, présentée dans le cadre des 150 ans de la fondation de la paroisse Notre-Dame des Champs, veut être pour le visiteur une démarche autant spirituelle qu’esthétique qui le conduise à entrer plus avant dans le Mystère de Pâques.
Que la famille d’Alfred Manessier soit ici infiniment remerciée de sa contribution importante à la réalisation de cette exposition ainsi qu’Isabelle de Montfumat pour la paroisse Notre-Dame des Champs.



Le Messie, fils de David

Vous avez peut-être remarqué, sur le mur droit de notre église, une quinzaine de panneaux en couleurs qui présentent l’histoire du roi David.
“ Puis un rameau sortira du tronc de Jessé et un rejeton naîtra de ses racines”. Cette prophétie d’Isaïe (11,1), est reprise par Jérémie : “Voici les jours viennent, dit l’Eternel, où je susciterai à David un germe juste” (23,5).
Ces promesses vont semer, quelques siècles avant notre ère, une graine d’espérance dans le coeur des Juifs de toutes tendances : pharisiens, sadducéens, esséniens, zélotes, le sentiment de la venue imminente du Messie.
Il y a deux mille ans, toute la Judée attend.
Aujourd’hui, entrant dans l’Avent, nous aussi nous attendons, comme nos frères juifs, la venue de Celui que nous reconnaissons comme le Messie d’Israël et le Sauveur du monde.
« Aie pitié de nous, Fils de David ! » criaient les deux aveugles au passage de Jésus.
Entre les annonces d’Isaïe et de Jérémie citées plus haut et ce cri de foi des aveugles, s’accomplit le plan de rédemption du Créateur.

Que peut nous apprendre la figure de David ?
Natif de Bethléem et de la tribu de Juda, ce jeune berger, d’une grande beauté, paissait les troupeaux de son père. Humble tâche, mais déjà accomplie avec une grande conscience de cette responsabilité.
David dont le nom signifie “bien-aimé”, est musicien et poète. Il sera au service du Roi. Puis il relèvera le défi de l’invincible Goliath qui menaça Israël pendant quarante jours et libéra son peuple. A la tête des armées il conduit les braves de victoire en victoire. Faisant toujours confiance à Dieu, son bouclier, il écoute les avis des prophètes et suit leurs enseignements.
Prompt à la repentance, il fait aussi preuve de magnanimité, esquivant les combats contre le roi Saül et contre son propre fils. Fuyant devant ce dernier, il monta la colline des Oliviers : “Il montait en pleurant et la tête couverte, et il marchait nu-pieds”
Il sera fidèle à sa parole donnée à Bethsabée, concernant son fils Salomon et à Jonathan à l’égard de ses fils qu’il épargnera toujours.
Enfin, dans un petit livre intitulé « La fille de Sion », le cardinal Ratzinger écrivait en 2002 que pour exprimer que David dansa lorsque l’Arche d’Alliance revint à Jérusalem, le verbe grec employé est le même que celui qui décrira le bond de joie que fit Jean-Baptiste dans le ventre d’Elisabeth quand Marie la salua.
Autant de signes dans l’existence de David qui préfigurent de nombreux traits de la vie de Jésus le Christ.